les branleuses

la photographe explique : « je sortais d’une période difficile qui allait durablement bouleverser ma vie et ma psy était formelle : j’allais très bien dans ma tête. très bien? et ce mal-être qui ne me lâchait pas? ces insomnies? on me répondit que mes maux venaient nécessairement d’une rupture de communication avec mon corps. alors j’ai tout essayé ! le yoga, l’acupuncture, les massages, l’auriculologie, la sophrologie … sans grand résultat. ce n’est qu’en bout de course qu’une amie m’a demandé s’il m’arrivait de me « branler ». une éventualité que je n’avais jamais considérée auparavant. j’avais 33 ans. ». forte de son expérience personnelle, la photographe frédérique barraja en est venue à se demander pourquoi il y avait tant de mystère autour de la masturbation féminine. il y avait là un tabou profondément ancré dont les luttes féministes et la libération sexuelle n’avaient pas pu venir à bout. en parlant du sujet avec ses amies, frédérique barraja se rendit compte à quel point les femmes pouvaient être mal informées. même parmi les plus favorisées, celles qui avaient fait des études supérieures, elle avait entendu des aberrations telles que « le clitoris, ça sert aussi à faire pipi. non ? ». le plus absurde des paradoxes se dévoilait devant ses yeux : le sexe est partout dans les médias, on en parle de plus en plus facilement mais, lorsqu’il s’agit du plaisir féminin, la vérité peine à faire surface dans le flot des théories farfelues. frédérique barraja décida alors de lancer simultanément deux projets: un documentaire sur la masturbation féminine (récemment diffusé sur canal plus) et une série de portraits photographiques intitulée les branleuses, qui fut exposée au slott, à paris, au mois de juin 2010.

les branleuses
les branleuses
les branleuses
les branleuses, tirages

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