rat king

  • pupsam
  • tapis, noué main
    édition limitée de 8 exemplaires
    matériaux : laine, viscose
    dimensions : 375 x 200 cm
    couleurs : rose ou bleu

Une déferlante de rats noirs sur rose malabar. Avec ces yeux. Partout ! Ces yeux hallucinés. Ces queues entremêlées. Cet incroyable lassis d’êtres grouillants et rampants convergeant vers un but que l’on ignore. Un but qu’il nous faut deviner ou peut-être même inventer.
Rat King c’est une histoire qui commence, une histoire dont vous êtes le narrateur et pourquoi pas le héros. Une histoire dans laquelle vous accompagnent des rats punks, rock’n roll et révolutionnaires. Des rats qui vous en veulent, des rats qui sont à vos côtés. Ça, c’est vous qui voyez.
Qu’y a-t-il au bout du tapis ? Le bureau d’un infâme PDG ? La photo d’un dictateur ? La femme que vous aimez ? Vos enfants qui regardent la télé ? Vous-même, peut-être ?
Une fois de plus, c’est votre histoire.
C’est le moment où les Pupsams vous passent le relais. Car leur histoire à eux, je m’en rappelle, commence durant l’hiver 2011.
Le temps était maussade. La conjecture économique était maussade. La jolie boulangère du square souriait sans conviction. Les oiseaux chantaient avec mélancolie. L’ordinateur soufflait comme un asthmatique et rechignait à sortir les 3D.
Les Pupsams, ça les révoltait. Ils auraient voulu les choses plus roses.
Ils n’étaient pas les seuls d’ailleurs. On en parlait encore peu au JT mais le peuple commençait déjà à gronder dans les pays arabes et les Indignados, en Espagne, n’allaient pas tarder à les suivre.
Il est stupéfiant de penser qu’il suffit d’une étincelle pour provoquer de grands changements. Et on se demande nécessairement d’où elle vient. Peut-être d’une idée qui éclot simultanément dans la tête de plein de gens à la fois. Peut-être d’un individu isolé. Peut-être du battement d’aile d’un papillon. Et pourquoi pas d’un coup de fil du Slott. Un coup de fil où il serait question de créer une nouvelle pièce, un tapis, qui permettrait de lier les autres créations de la collection et de les implanter dans le lieu.
Voilà un projet qui avait de quoi enthousiasmer les deux Pupsams ! Une contrainte forte avec, en même temps, une grande marge d’expression.
Ils se mirent alors rapidement au travail et cherchèrent de quoi peupler le Slott*. Ils étudièrent plusieurs pistes. Ils pensèrent notamment à des animaux. Peut-être un gros chien de chasse… Et pourquoi pas des rats ?
Rat, c’est l’anagramme d’Art. Et l’Art, c’est ce vers quoi tend le travail des Pupsam depuis plusieurs années. C’est ce qui rend leur design si particulier. Si expressif. Insérer l’art au cœur du quotidien, c’est leur façon à eux de vouloir changer le monde.
Dans l’hindouisme, le rat représente la monture de Ganesh, dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence, le patron des écoles et des travailleurs du savoir. C’est le dieu qui lève les obstacles des illusions et de l’ignorance.
Les Pupsams approfondissent leurs recherches et découvrent également une légende germanique, «La guerre du royaume d’en bas» qui relate l’incroyable aventure du prince Nerub, un jeune rat qui vient de perdre son père le Roi. Comme il est encore très jeune les institutions du royaume lui interdisent d’accéder au trône. Mais Nerub ne peut pas attendre car une sombre menace pèse sur son peuple. L’araignée Große Spinne, jadis chassée du royaume par son père, est aux portes de la ville avec son armée. Nerub subtilise alors la couronne de son père et s’enferme avec sa cour dans la salle du trône durant trois lunes. Il en ressort métamorphosé. Il est maintenant l’esprit d’un être unique et parfait, résultat de la fusion de tous les rats présent dans la pièce.
Plus puissant que jamais, il s’en va défier Große Spinne et vaillamment défait son armée.
C’est de cette légende que serait né le terme « roi-de-rats » ou « Rat King » en anglais afin de désigner un étrange phénomène naturel : on aurait trouvé, répartis un peu partout dans le monde, des spécimens de rats collés les uns aux autres par leur queue et ne formant plus qu’un être unique.
Avec le Rat King, les Pupsams tenaient leur concept. Une plateforme de rats noirs pour porter leurs idées et leurs espoirs. Des rats à la conquête d’un espace rose comme les confiseries
pour enfant. Rose comme le logo d’exquise design. Rose comme la couleur des jours meilleurs.
Mais de l’idée à l’objet fini, un long chemin attendait encore les Pupsams.
Un chemin qui allait d’abord les conduire en Suède chez Anita Graffman de l’atelier Art&Design qui s’est spécialisé dans la confection de tapis et tapisseries. Ils parlèrent longuement avec Anita et celle-ci apporta des approfondissements et des secrets sur les techniques de fabrication de tapis.
De retour à Paris, les Pupsams se mirent donc à travailler sur le chinage, le mélange de couleurs et de matières des fils. Ils apportèrent une attention toute particulière à la moirure des yeux pour leur donner une lueur de folie. Ils s’appliquèrent également à donner aux rats ce poil soyeux qui nous répugne autant qu’on a envie de le caresser et ils créèrent ce rose glossy et gourmand qui attend de se faire dévorer. Is jouèrent enfin sur le volume en ciselant la foule des rats qui se grimpent les uns sur les autres dans leur course freinée.
Dans le même temps, Anita avait mis les Pupsams en contact avec Raj de Adhiraj Exports, une fabrique artisanale de tapis située en Inde. Ils soumirent leur projet à Raj qui tarda à répondre et finit par refuser purement et simplement de faire le tapis. Motif ? Rappelez vous Ganesh ! Le rat est sacré en Inde. Alors comment concevoir que l’on puisse marcher sur des rats ?
Mais tout bouge ! Les Pupsams le savent et ils en on fait leur credo : « Rien ne peut arrêter une bonne idée, elle se propage comme les rats portent la rage ». Ils insistent donc. Ils montent au créneau. Après tout Ganesh lui-même se déplaçait sur un rat. L’artisan est finalement convaincu et il accepte de se mettre à l’ouvrage.
Le tapis fut prêt au printemps 2012 pour aller rejoindre la collection du Slott lors du Art Paris Art Fair. Sous la verrière du Grand Palais, où se tenait le salon, les spectateurs circonspects s’approchaient du Rat King. Il y avait de la répulsion et de la fascination dans leur regard. Ils restaient longtemps à observer. Quelque chose en eux semblait vibrer. Les Pupsams étaient heureux. Là-bas, en Tunisie, le régime de Ben Ali était tombé. Le monde allait peut-être changer. Il se sentaient sortir du brouillard avec puissance et espoir, comme une déferlante de rats noirs sur rose malabar.

* Slott signifie « Château » en suédois.

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