aequorea

  • matali crasset
  • espace de jeux - édition limitée
    matériaux : structure métal, plastique, coussin en mousse et tissu enduit, lampe de wood
    dimensions : H 250 x diam 190 cm

composée d’une assise surmontée d’une corolle, aequorea a été inspirée par la majesté de la méduse éponyme. la méduse est une structure minimale. si on la retire de l’eau, elle n’est plus qu’une peau gélatineuse. imitant la grâce de l’animal marin, matali crasset utilise la matière avec parcimonie et travaille avant tout le volume vide, celui dans lequel vont évoluer les amants. aequorea tient davantage de l’espace que de l’objet. l’architecture moderne a décloisonné l’habitat pour permettre des parcours plus fluides qui s’adaptent aux besoins de vitesse et également de respiration de la vie moderne. mais, pour cette même raison, nous avons perdu beaucoup de lieux d’isolement. matali relève alors le défi de recréer les conditions propices à l’intimité tout en concevant une structure suffisamment modulable pour ne pas non plus perdre les avantages qu’offre l’ouverture des espaces architecturaux. aequorea se situe donc à cheval entre design et architecture, dans une échelle intermédiaire. nous pensons nécessairement aux cabanes improvisées que nous construisions dans nos chambres à grand renfort de draps, de chaises et autres objets hétéroclites, lorsque nous étions enfants. nous nous rappelons du sentiment d’excitation qui nous envahissait dans cet espace qui nous coupait du monde des adultes et de leurs lois. nous pouvions échanger des secrets, jouer à notre guise et — puisqu’il est question ici de préliminaires — , parfois même au docteur. en circonscrivant le couple derrière un rideau de filins, aequorea produit le même effet sur les adultes, avec l’élégance en plus. tout est question d’intimité, il faut être séparé du reste du monde et se retrouver face à face, seuls. pour renforcer cet effet de rupture avec le quotidien environnant, matali a disposé une lampe de wood à l’intérieur de la corolle. la perception des couleurs s’en trouve transfigurée et plonge les amants dans un univers onirique, une nouvelle dimension. une fois n’est pas coutume, matali s’inspire ici des mondes parallèles de barbarella, l’héroïne de bande dessinée imaginée par jean-claude forest, et rend hommage à cet l’univers à la fois poétique et sensuel. c’est un espace en référence : un espace quasi aquatique, tout en fluidité, qui gomme les contours, le contexte pour inviter à se laisser aller et être en prise directe avec ses sensations. ce clin d’œil à la première femme libre de la bande dessinée est aussi porteur d’un message féministe qui ne serait pas une protestation mais plutôt une ode à la libération du corps. si le design de matali devait porter une autre revendication, ce serait sans doute un désir de rupture avec la routine et la standardisation des comportements. il faut casser les rituels quotidiens. la surface arrondie d’aequorea s’oppose au rectangle trivial du lit. les corps sont donc plus libres de leurs mouvements. le rebond qui dessine la limite de la plateforme constitue une sorte d’oreiller circulaire qui offre aux amants 360° de possibilités. mais si matali remet en cause les habitudes, elle ne considère pas pour autant le rituel comme un mal en soi. au contraire ! les rituels sont essentiels pour donner un rythme. c’est l’automatisme qui enlève la saveur des moments partagés. il faut donc savoir renouveler les rituels afin qu’ils enrichissent notre vie : pour s’isoler dans aequorea, il faut tirer progressivement les filins vers l’extérieur de la corolle et reproduire la même opération inversée pour ré-ouvrir. dans les deux cas, on modifie l’espace en créant un rituel qui marque le début et la fin d’un moment d’intimité. aequorea agit en somme comme un sas qui nous déconnecte du quotidien afin d’éveiller la sensualité. le design conquérant de matali n’accessoirise pas les préliminaires, il leur octroie un nouvel espace de jeu.

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