les branleuses

petite leçon de sexologie

les plaisirs solitaires font l’objet d’un tabou qui s’est insidieusement enraciné dans le langage : étymologiquement, la masturbation renvoie à la notion de prostitution (en grec mastropeuein signifie prostituée). le terme d’onanisme provient quant à lui du personnage biblique onan qui, selon l’ancien testament, fut frappé de mort par la main de Dieu pour avoir refusé de remplir son devoir procréatif et « laissé sa semence se perdre dans la terre ». c’est notamment en se fondant sur cette parabole que les religions judéo-chrétiennes condamnent en bloc la masturbation et même toutes formes de plaisir sexuel (puisque la luxure compte au nombre des péchés capitaux). avec le recul des religions en occident, ces tabous, sans avoir parfaitement disparus, se sont atténués…mais seulement pour les hommes. les femmes n’ont eu droit qu’à un mirage de libération sexuelle : leur accès au plaisir a été pensé en fonction du plaisir des hommes. on a étudié l’appareil génital et la libido des hommes qui, aujourd’hui, n’ont pratiquement plus de secret pour la science : le viagra témoigne de cette formidable avancée. mais il n’existe toujours pas d’équivalent féminin. non seulement l’appareil génital des femmes a été l’objet de peu de recherches mais en plus ceux qui s’y sont penchés ont tout simplement cherché à nier l’évidence : le clitoris. hippocrate, le père de la médecine, avait révélé que cet organe était l’épicentre du plaisir.

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on l’a toujours su! mais lorsque l’on s’est rendu compte qu’il n’était pas nécessaire à la reproduction on s’en est désintéressé. on a cherché à démontrer à tout prix que seul le coït pouvait déclencher l’orgasme des femmes : un point de vue généré par les hommes et pour le confort des hommes! c’est ainsi que le point G, cette hypothétique zone érogène du vagin, est devenu si populaire. sans dire qu’il n’existe pas (car rien n’est sûr à ce sujet), il est tout de même étonnant de constater que l’on a occulté l’évidence du clitoris au profit d’une hypothèse! freud est allé jusqu’à dire que le clitoris correspondait à une forme infantile de sexualité et qu’une femme ne devenait réellement femme qu’à partir du moment où elle parvenait à jouir avec son vagin… ces théories seront plus tard démenties par les travaux de masters et johnson qui démontrèrent que l’orgasme fait toujours intervenir le clitoris, quel que soit le lieu de la stimulation (externe ou interne), mettant fin à la distinction artificielle que l’on établissait entre l’orgasme vaginal et de l’orgasme clitoridien (quoique cette jargonnesque reste populaire dans l’imaginaire collectif). ajoutons pour conclure que bien des choses restent à découvrir et que l’anatomie n’est évidemment pas la seule clef du plaisir sexuel.